transformerie-bocaux-montreal-gaspillage-alimentaire-invendus

« Deux heures plus tard, les fermetures des sacs à dos sont prêtes à lâcher et la carriole de Thibault déborde : verdure, casseau de tomates cerises multicolores, pêches, poires, quinoa, pain, yogourts…

[…]

Le chef Guillaume annonce alors le menu : punch épicé aux fruits (pommes, poires et nectarines récupérées puis passées à la centrifugeuse) ; soupe de tomate avec brunoise de poivrons de couleur garnie de croûtons humus au sriracha en entrée ; quinoa rouge avec de la crème de laitue et demi-laitue braisée et arilles de pomme grenade en plat de résistance ; puis, pour finir, un pudding au pain sauvé (des poubelles !) servi avec du yogourt au café et au cumin et de fines tranches de pêche au sirop léger.

Du sel, du lait et des oeufs pour le dessert. C’est tout ce que le chef a rapporté de chez lui, en plus de sa créativité et de sa préoccupation pour les causes alimentaires qu’il choisit de défendre par sa pratique professionnelle. De son côté, Thibault est allé acheter quelques bouteilles. Un souper gastro-déchéto-éthique, ça se fête.  

[…] que fait-on après (après s’être partagé ce trésor, après avoir tout nettoyé, rangé la vaisselle prêtée par l’organisme Renaissance) ? S’arrête-t-on à cette expérience juste pour dire « Je suis capable ! Je l’ai fait ! », ou poursuit-on la réflexion sur les routes éventuelles que pourraient emprunter ces sauvetages de déchets alimentaires ?

Guillaume et Thibault pensent déjà à la suite, aux circuits complets qui pourraient être mis en place. »

 

Extrait de Des poubelles trois étoiles de Sophie Suraniti pour Le Devoir, publié le 5 novembre 2016. 

Crédit photo : Fabrice Gaëtan